de Namur Centre culturel
de Namur Centre d’expression
et de créativité
De Pascal Rambert avec Jacques Weber
Il parle à son amour. Lui raconte où il en est et comme le hante le souvenir du bonheur partagé, de l’intimité, des caresses, des voyages, de ce qui fût leur existence commune.
Il va et vient de ce passé révolu à cet hôtel très chic où il a pris une chambre. Il vient de recevoir un prix pour son oeuvre littéraire. Il jette le prix à la poubelle, boit de l’alcool, avale des médicaments et ses mots s’ajoutent les uns aux autres vers une fin choisie.
Superbe déclaration d’amour par-delà la mort, le spectacle est une partition de haut vol :
C’est un texte éminemment poétique et humain et ce sont deux qualités de l’écriture de Pascal Rambert. Il m’a fait un cadeau incroyable en m’offrant ce rôle. Mon cadeau à moi, en retour, sera de bien l’interpréter.
Jacques Weber
« Ranger comme ranger ses affaires avant de disparaître je vais écrire cela pour Jacques Weber lui pas lui dans la vraie vie mais lui parce que lui toujours cet acteur immense et humble curieux et devenu mon ami mon frère avant pendant et après Architecture dans la Cour d’honneur du Palais des Papes à Avignon
le soir on rentrait vers 3 heures du matin après les filages et les représentations on rentrait ensemble et on parlait tous les deux dans la nuit d’été comme des enfants heureux puis on se quittait devant une sublime glycine oh les glycines en été et je lui disais je vais écrire ranger pour toi ce sera cet homme qui range ses affaires sa vie avant de disparaître il loue une chambre d’hôtel et fait repasser toutes les peines et la joie les chagrins et l’amour tout avant de s‘allonger puis de prendre ce qu’il faut et laisser la porte ouverte pour que vienne se blottir ce qui aide à mourir. »
Pascal Rambert
Tel un géant aux pieds d’argile, Jacques Weber manie une douceur feutrée. Avec une élégance pudique, il dresse un inventaire de son existence : de la passion aux tentations addictives en passant par l’amour de l’art. (…) Le public retient son souffle face à l’équilibre entre vie et mort qu’offre ici Weber en striant la scène tel un funambule.
Télérama